C’était dans ce troquet pourri, sous la pluie qui fouettait la nuit. J’étais au fond de la salle, seule, endeuillée dans mon pull marin trop grand. Mes yeux noirs fuyaient tout. Lui, un mec imbibé, osait s’approcher. Pas un mot. Juste une cigarette offerte. ‘Tu veux boire ?’ Silence. Puis : ‘Non, je rentre… mais tu peux venir.’ Mon cœur cognait. Pourquoi lui ? Un zombie comme moi, hanté par le suicide. On marche côte à côte, trempés, muets. Chez moi, l’escalier grince, l’encaustique pue. Mon appart : rustique, troué partout dans les murs comme un gruyère fou. Sculptures de poubelle, taches criardes. Bizarre. Moi aussi.
Je m’allonge sur le lit, bouilloire qui siffle. Je lâche tout : ‘Les garçons veulent mon corps. Un vieux m’a filé 100 balles pour que je sois pute.’ Il mate, muet. ‘Tu crois que j’en suis une ?’ ‘Non.’ Mensonge. Je sais ce qu’ils pensent tous, près de la gare. Pute. Sale. À enculer. ‘J’aimerais un homme sans envie de me toucher.’ Il se casse. Bien. Mais il revient. Je délire : ‘Pute, grosse pute.’ Couteau de boucher sur la table. Il dort. Moi, figée, reptile prête à mordre.
L’Approche : La Tentation Insoutenable
Il prend le couteau. Erreur. Je pleure, nue déjà dans ma tête. La honte chauffe mes reins. Tentation insupportable. Son regard sur ma peau blafarde, mes lèvres épaisses, ma toison noire sous les bras. Je m’agite : café, gâteaux, douche. Verrouillée. De retour, nue à table, obus blancs qui ballotent. ‘Où est le couteau ?’ Rage. Il l’a rangé. ‘Remets-le ! Je suis pute, pas ta pute !’ Silence lourd. Coupable, il attend. Moi aussi. La chaleur monte, transforme la honte en jus brûlant entre mes cuisses. ‘Viens au lit. On dort sans se toucher.’ Mensonge.
Nuit noire. Mon corps glisse contre le sien. Chaleur torride. Millimètre par millimètre. Souffle court dans l’obscurité. Seins lourds plaqués. Sa queue durcit. Je saisis, guide dans mon antre trempé. Sans capote. Péché total. Interdit. Frisson du danger : sida, couteau, suicide partagé.
L’Explosion : La Baise Sauvage et Défendue
Je chevauche d’abord, lente. Puis sauvage. ‘Baise-moi comme la pute que je suis !’ grogne-je, ongles dans son dos. Claquements de chair humide. Odeur de sueur, de chatte en feu. Ses mains malaxent mes obus, pincent tétons. Je gémis, rauque : ‘Plus fort, enfoiré ! Enculerais-tu une pute ?’ Il grogne, retourne, enfonce profond. Bruits obscènes : succions, pets de chibre. Ma toison frotte son ventre. Jouissance monte, vague vicieuse. Je mords ma lèvre, sang coule. Il explose en moi, sperme chaud. On reste emboîtés, pantelants. Plaisir défendu, pur, brut. Tabous pulvérisés.
Aube grise. Je le repousse. Froid. Assise à table, couteau face à moi. ‘Pute… ils veulent me tripoter…’ Il file, ombre dans la nuit. Secret pèse : cette baise, ce sang, ce rien. Frisson final. Je disparais en moi, Anonyme, pécheresse éternelle.