C’était l’été 1898, au Casino de Monte-Carlo. L’air lourd de tabac et de parfums capiteux. Les lustres scintillaient, les rires fusaient comme des défis. J’entre, simple robe virginale, une fleur dans les cheveux. Ma femme de chambre suit, chargée de mes bijoux. Pas besoin de les porter ce soir. Ma peau suffit. Otero est déjà là, opulente, ses seins débordant de joyaux, son amant du moment à son bras. Un prince russe, grand, moustachu, regard de prédateur. Elle rit fort, possessive, sa main sur sa cuisse. Nos yeux se croisent. Haine pure. Elle me toise, je souris, mutine.
La roulette tourne. Je m’assois près d’eux. Mes jambes frôlent les siennes sous la table. Il tressaille. Otero parle trop fort, mais je sens son trouble. Un verre de champagne, puis deux. Mes lèvres effleurent son oreille : “Elle vous étouffe avec ses diamants. Moi, je suis légère.” Il rougit, excité. La honte me chauffe les reins. Interdit. Sa rivale à deux pas. Le cœur bat. La tentation monte, insupportable. Ses yeux me déshabillent. Otero s’éloigne un instant, vers les toilettes. C’est le moment. Je glisse ma main sous la table, sur son entrejambe durci. “Viens,” je murmure. Il cède. On se lève, discrets, vers les salons privés.
L’Approche : La tentation qui consume
Dans l’alcôve sombre, velours rouge, porte fermée. Il me plaque contre le mur. Sa bouche vorace sur la mienne. Goût de cognac et de vice. “Putain, Liane, t’es une diablesse,” grogne-t-il. Mes mains tirent sa chemise, griffent son torse poilu. Il déchire ma robe, expose mes seins. “Regarde ce que Otero n’a pas.” Ses lèvres sucent, mordent. Je gémis, souffle court. La chaleur de la honte explose en jus entre mes cuisses. Il me soulève, jambes autour de sa taille. Sa queue raide contre moi. “Baise-moi fort, prince. Montre-moi que t’es un homme.” Il s’enfonce d’un coup, brutal. Je hurle, plaisir défendu. Chair contre chair, sueur qui coule. Le tissu de nos vêtements froissés, bruits humides dans l’obscurité. “T’es plus serrée qu’elle, salope,” halète-t-il. Je cambre, ondoie, clous enfoncés dans son dos. Vague après vague, l’orgasme monte, sauvage. Ses couilles claquent, il jouit en grognant, chaud en moi. Épuisés, tremblants.
Le calme revient. Son sperme coule le long de mes jambes. Je rajuste ma robe, sourire en coin. “Pas un mot. Otero attend.” Il hoche la tête, hébété. Je sors la première, fraîche, parfum de violette. Rejoins la salle. Otero me fusille du regard, sentant le change. Son prince arrive après, cravate de travers. Elle l’interroge, il bafouille. Triomphe. Le poids du secret m’enivre, frisson glacé dans le dos. Je disparais dans la nuit monégasque, sans trace. Juste le goût du péché sur ma langue. Personne ne saura. Sauf moi, anonyme, pécheresse éternelle.